Il restait deux minutes à jouer au stade Roi-Baudouin quand les Bleus ont trouvé l’ouverture qu’ils cherchaient depuis le coup d’envoi. Lundi 28 septembre, à Bruxelles, l’équipe de France s’est imposée 1-0 face à la Belgique, grâce à un but de Michael Olise à la 88e minute, servi par Rayan Cherki entré en cours de jeu. Deuxième match, deuxième victoire pour Zinédine Zidane, trois jours après ses débuts victorieux en Turquie.
La Ligue des nations est une compétition officielle de l’UEFA qui oppose les sélections européennes par groupes de quatre, en dehors des grands tournois, avec une phase finale à la clé. Pour un sélectionneur qui découvre le métier, c’est surtout un terrain d’essai où chaque point compte. Le plus frappant, lundi soir, tenait moins au score qu’à la feuille de match : une équipe presque entièrement renouvelée par rapport à vendredi, qui a gagné quand même. Faut-il y voir un simple coup de chance en fin de match, ou le premier signe d’une méthode Zidane ?
Une victoire arrachée au bout d’une soirée maîtrisée
Le scénario n’a rien d’un hold-up. Selon le compte rendu d’Eurosport, la France a dominé toute la première période, portée par deux accélérations de Désiré Doué à la 12e et à la 52e minute, restées sans conclusion. Le jeu passait par les côtés, la Belgique subissait, mais le dernier geste manquait, comme souvent lorsqu’une équipe se découvre sur le terrain.
Les Diables Rouges ont relevé la tête dans le dernier quart d’heure, notamment après l’entrée de Dodi Lukebakio, auteur de deux alertes aux 73e et 78e minutes. Mike Maignan, l’un des deux seuls titulaires conservés depuis la Turquie, a tenu la baraque. Puis la séquence décisive est arrivée par le banc, ce qui en dit long sur la manière dont Zidane a pensé cette soirée.
Neuf changements dans le onze de départ
Entre Kocaeli et Bruxelles, le sélectionneur n’a gardé que Mike Maignan et Maxence Lacroix dans son équipe type. Le reste du onze a été profondément remanié, avec plusieurs visages peu connus du grand public :
- Jérémy Jacquet, l’une des nouveautés du onze, auteur d’une prestation remarquée ;
- Andy Diouf, aligné au poste de latéral gauche, plus en difficulté dans les duels défensifs ;
- Lucas Da Cunha, milieu de Côme, chargé d’animer le jeu et l’un des plus en vue ;
- Esteban Lepaul, resté discret face à la défense belge ;
- Rayan Cherki et Michael Olise, lancés en seconde période pour faire la différence.
Ce turnover massif répond à une contrainte très concrète : quatre rencontres en dix jours pour ce premier rassemblement, un rythme que Zidane avait anticipé dès sa première liste de vingt-trois joueurs. Il avait prévenu que tout le monde devrait être prêt à jouer, et il a tenu parole.
Reste une question que ce match ne tranche pas encore : ces nouveaux venus sont-ils des solutions durables ou des jokers de circonstance ? La réponse est venue, en partie, de celui qui a fait basculer la rencontre.
Olise, la fin d’une longue disette en bleu
Sur l’action du but, Olise a contrôlé de l’épaule le ballon transmis par Cherki, avant d’enchaîner une frappe précise du pied gauche qui a laissé la défense belge sans réaction. Un geste de joueur libre, loin des schémas récités, qui a mis fin à une série de 21 tirs sans marquer avec l’équipe de France, d’après Eurosport.
Ce détail statistique compte. Un attaquant qui accumule les tentatives sans réussite finit souvent par douter, surtout en sélection où les minutes sont rares. Son sélectionneur, lui, n’a jamais cessé de croire en lui, et il l’a dit sans détour au micro de TF1.
Olise ? Je l’ai vu partir en dribbles, je me suis dit, ‘il va marquer’. C’est du talent pur.
Zinédine Zidane, au micro de TF1 après Belgique-France, le 28 septembre 2026
La confiance affichée par Zidane envers ses créateurs, Olise, Cherki ou Doué, dessine déjà une équipe tournée vers le jeu offensif. Elle devra toutefois se confirmer au classement, là où la Ligue des nations se joue vraiment.
Six points sur six dans un groupe relevé
Avant ce choc, la France et la Belgique partageaient la tête du groupe A1 avec 3 points chacune, rappelle la Fédération française de football. Les Belges avaient battu l’Italie 2-0, les Bleus la Turquie 1-0. Avec ce second succès, la France compte désormais 6 points et prend une option sur la qualification pour la phase à élimination directe.
L’adversaire n’était pas n’importe lequel. La Belgique, 8e au classement FIFA, venait de changer de sélectionneur avec l’arrivée de Mark van Bommel et comptait toujours sur Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku. D’après Eurosport, il s’agit du huitième match officiel consécutif remporté par les Bleus face aux Diables Rouges, une série qui confirme un ascendant installé depuis plusieurs années.
Ce bilan comptable flatteur ne doit pas masquer l’essentiel : c’est la gestion de l’effectif qui a permis de l’obtenir, et c’est elle qui sera jugée sur la durée.
Faire tourner sans perdre le fil, le vrai défi du sélectionneur
Changer neuf joueurs d’un match à l’autre relève du pari dans une sélection où les automatismes se construisent en quelques séances. Zidane a pourtant préféré la fraîcheur physique à la continuité, une logique de gestion de groupe qu’il connaît depuis ses années d’entraîneur au Real Madrid. Deux mois à peine après sa nomination à la tête des Bleus, cette approche lui permet de voir un maximum de joueurs en situation réelle.
Le calendrier dicte aussi cette prudence. Enchaîner quatre matchs en dix jours, avec des déplacements, expose les organismes à la fatigue et aux blessures musculaires, un risque que l’on retrouve à toutes les échelles de la pratique. Même chez l’amateur qui joue deux fois par semaine, alterner les efforts et respecter les temps de récupération reste la meilleure façon de durer et de continuer à prendre du plaisir sur le terrain.
Ce choix a aussi une vertu plus immédiate : il installe une concurrence ouverte à chaque poste, et envoie un message clair aux cadres comme aux nouveaux venus. Personne n’est assuré de sa place, et chacun sait qu’une occasion peut lui être offerte.
Ce que la suite du rassemblement va trancher
Il reste deux rencontres à disputer dans ce premier cycle de quatre matchs, et elles diront si la réussite belge était un déclic ou un heureux concours de circonstances. Les jeunes lancés à Bruxelles, Jacquet et Da Cunha en tête, attendent de savoir s’ils ont convaincu. Olise, lui, a peut-être gagné bien plus qu’un but.
Au-delà du résultat, cette soirée pose une question que chaque supporter peut se poser devant son écran : vaut-il mieux une équipe type bien huilée ou un groupe large où chacun peut surgir ? Zidane a commencé à y répondre à sa manière, et les prochaines semaines diront si les Bleus ont trouvé un nouvel équilibre entre audace et solidité.
