Turquie-France : Zidane lance son ère avec cinq nouveaux et quatre matchs en dix jours

23/09/2026 à 09h12  ·  Julie Mirabel  ·  6 minutes à lire

Vendredi à Kocaeli, Zinédine Zidane dirige son premier match à la tête des Bleus, avec une liste resserrée et plusieurs absents de marque. Premier indice d'une équipe de France qui se cherche une nouvelle identité de jeu.

Vendredi 25 septembre, à 20h45, l’équipe de France ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Face à la Turquie, en Ligue des nations, Zinédine Zidane dirige son premier match de sélectionneur, deux mois après avoir été nommé à la tête des Bleus. La rencontre, diffusée sur TF1, se joue au Kocaeli Stadyumu d’İzmit, à une centaine de kilomètres d’Istanbul.

La Ligue des nations est une compétition officielle de l’UEFA qui oppose les sélections européennes par groupes de niveau, avec montées, descentes et phase finale à la clé. Après quatorze années de Didier Deschamps sur le banc, elle sert cette fois de laboratoire à un entraîneur qui a tout gagné avec le Real Madrid, mais qui n’a jamais dirigé une sélection. Que faut-il vraiment attendre de ces débuts, et qu’est-ce que sa première liste dit déjà de la France qu’il veut construire ?

Une première liste resserrée à vingt-trois joueurs

Zinédine Zidane a présenté ses choix le 18 septembre au siège de la Fédération française de football. Au lieu d’un groupe élargi, souvent pratiqué en début de cycle, il a retenu 23 joueurs, dont trois gardiens. Il a expliqué ne pas vouloir convoquer des internationaux pour les laisser ensuite en tribune, une manière de responsabiliser chacun dès le premier rassemblement.

Le calendrier justifie aussi ce format. Les Bleus disputent quatre rencontres en dix jours, avec deux déplacements d’entrée, et le sélectionneur l’a dit sans détour : tout le monde devra être prêt à jouer. Avec si peu de séances d’entraînement, la liste doit offrir des solutions à chaque poste plutôt que des paris isolés.

Vous retrouverez donc une ossature connue, de Mike Maignan à Jules Koundé en passant par Adrien Rabiot et Ousmane Dembélé. Nommé le 28 juillet, la légende de 1998 hérite d’une équipe qui sortait d’un Mondial conclu par une petite finale disputée à Miami, et il n’a pas choisi la table rase. Le renouvellement se lit plutôt dans quelques noms nouveaux, soigneusement choisis.

Cinq nouveaux visages chez les Bleus

Parmi les 23 convoqués, cinq joueurs découvrent le groupe France pour la première fois, selon la liste publiée par la Fédération française de football :

  • Guillaume Restes, gardien du Toulouse FC, troisième portier derrière Mike Maignan et Robin Risser ;
  • Andy Diouf, reconverti latéral à l’Inter Milan, choix qualifié de fort par le sélectionneur ;
  • Jérémy Jacquet, défenseur central de Liverpool, que Zidane suit depuis ses années en équipes de jeunes ;
  • Lucas Da Cunha, milieu de Côme, décrit comme un joueur qui a beaucoup de personnalité ;
  • Estéban Lepaul, attaquant du Stade Rennais, à l’aise dans les petits espaces.

Le profil de Lepaul intrigue le plus. Zidane l’a présenté comme une arme contre les équipes repliées devant leur surface, là où la vitesse de Mbappé, Doué ou Barcola trouve parfois ses limites. D’autres candidats déclarés, comme le capitaine d’un Lens champion de France, Florian Thauvin, devront attendre.

Mbappé capitaine, Tchouaméni et Kanté absents

Première question tranchée, le brassard reste au bras de Kylian Mbappé, meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France. Zidane a même glissé qu’il l’appréciait particulièrement côté gauche, sans fermer la porte à un rôle axial. Pour le reste, les absences comptent autant que les présences : Aurélien Tchouaméni, arrêté près de deux mois et titularisé une seule fois, est resté à Madrid pour se préparer.

N’Golo Kanté, 35 ans, et Karim Benzema ne figurent pas non plus dans le groupe. Le sélectionneur a salué leur carrière tout en expliquant vouloir observer des joueurs plus jeunes sur un cycle de quatre ans. William Saliba et Theo Hernandez, blessés, manquent aussi à l’appel. Sur l’état d’esprit qu’il veut transmettre, Zidane a résumé sa démarche en une phrase.

Ma vision du football, vous allez la voir, moi je suis animé par le jeu.

Zinédine Zidane, conférence de presse d’annonce de sa première liste au siège de la FFF, 18 septembre 2026

Kocaeli, un premier test loin d’Istanbul

Le déplacement en Turquie n’a rien d’une promenade de rentrée. Le coup d’envoi est fixé à 21h45 heure locale, devant un public acquis à la sélection turque, et il s’agit d’un match officiel, pas d’un amical. La France se présente avec le statut de troisième nation au classement mondial, rappelé par la fédération lors de l’annonce de la liste.

Réunis depuis lundi 21 septembre à Clairefontaine, les joueurs n’auront que quelques jours pour intégrer les premiers principes du nouveau staff, dans lequel Fabien Barthez a rejoint Zidane pour s’occuper des gardiens. Organisation à la perte du ballon et équilibre derrière les attaquants seront les premiers indices à guetter, bien plus que le score. Ce premier soir n’est d’ailleurs qu’une étape dans une séquence très dense.

Quatre matchs en dix jours dans le groupe A1

Dans la Ligue A, la France évolue dans le groupe A1 avec la Turquie, la Belgique et l’Italie. Le programme de ce premier rassemblement ne laisse aucun répit, comme le montre le tableau ci-dessous.

DateRencontreLieu
Vendredi 25 septembre, 20h45Turquie – FranceKocaeli Stadyumu, İzmit
Lundi 28 septembre, 20h45Belgique – FranceBruxelles
Vendredi 2 octobre, 20h45France – ItalieStade de France
Lundi 5 octobre, 20h45France – BelgiqueStade de France

La phase de groupes se poursuivra le 12 novembre en Italie, puis le 15 novembre face à la Turquie, cette fois à Bordeaux. Six matchs officiels en moins de deux mois offrent au sélectionneur une large base pour évaluer son groupe, dont le règlement complet est consultable sur le site officiel de la Ligue des nations de l’UEFA.

Les rotations devraient donc être nombreuses, et la composition alignée en Turquie ne dira pas tout de l’équipe type. Pour mesurer le symbole de cette soirée, il faut pourtant remonter trente-deux ans en arrière.

Trente-deux ans après ses débuts de joueur

Le 17 août 1994, à Bordeaux, un jeune milieu des Girondins entrait en jeu face à la République tchèque alors que les Bleus étaient menés 2-0. En 27 minutes, Zinédine Zidane inscrivait deux buts et arrachait le nul, 2-2. La fiche officielle de la fédération garde la trace de cette entrée devenue légendaire.

Le parallèle a ses limites. Le joueur pouvait renverser un match seul, le sélectionneur devra convaincre vingt-trois joueurs de le suivre, avec des stars qui briguent toutes le Ballon d’Or, de Mbappé à Olise en passant par Dembélé. Zidane assure que ce débat ne pèsera pas sur le groupe, et c’est sur le terrain que cette promesse sera jugée.

Ce que révéleront les premières minutes à Kocaeli

Au-delà du résultat, vendredi soir dira surtout comment Zidane articule une richesse offensive rare avec la solidité qui a longtemps fait la force de l’ère Deschamps. Le rôle confié à Warren Zaïre-Emery au milieu, et non plus sur un côté de la défense, sera l’un des signaux les plus lisibles de cette nouvelle approche.

Pour le public français, l’enjeu dépasse le simple classement du groupe A1. Une sélection nationale donne aussi envie de jouer, dans les clubs amateurs comme dans les cours d’école, et un football tourné vers le jeu peut raviver cet élan après un Mondial frustrant. La soirée d’İzmit posera la première pierre, et la réponse se mesurera sur tout l’automne.

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