Les salles se rallument ce jeudi soir. La saison régulière de l’EuroLeague 2026-2027 démarre le 24 septembre, et deux clubs français seulement figurent parmi les vingt engagés. L’ASVEL reçoit le Maccabi Tel-Aviv à 20h45, pendant que le Paris Basketball ouvre son exercice à Athènes, sur le parquet du Panathinaïkos, dès 20h15.
L’EuroLeague, c’est la ligue fermée qui réunit l’élite du basket européen, avec ses budgets hors normes, ses légendes du coaching et un calendrier qui court de l’automne au Final Four du printemps. Pour le public français, qui a vibré cet été avec la médaille d’argent des Bleues, c’est aussi le rendez-vous hebdomadaire du basket de haut niveau. Alors, que peuvent espérer Villeurbanne et Paris dans une compétition où les experts les voient loin des premières places ?
Deux clubs français au départ, Monaco sur la touche
La photographie de départ a changé. L’AS Monaco, habituée des places d’honneur, a été écartée de toutes les compétitions professionnelles cet été, selon BasketEurope. Le club de la Principauté, qui avait porté le basket français en Europe ces dernières saisons, laisse l’ASVEL et Paris seuls face à dix-huit adversaires venus d’Espagne, de Grèce, de Turquie, de Serbie ou d’Israël.
L’enjeu dépasse la simple présence. Avec seulement deux représentants, chaque victoire française pèsera sur l’image du championnat national, au moment où le débat sur une future NBA Europe agite les dirigeants du continent. Les pronostics publiés à la veille du coup d’envoi donnent une idée assez nette du défi qui attend les deux clubs.
Ce que disent les pronostics d’avant-saison
Deux classements font référence avant la première journée : celui du site spécialisé Eurohoops et le power ranking publié par l’EuroLeague elle-même. Le tableau ci-dessous compare la place attribuée à quatre clubs clés.
| Club | Rang Eurohoops | Rang EuroLeague | Premier match |
|---|---|---|---|
| Real Madrid | 3e | 1er | À Dubaï, 18h |
| Panathinaïkos | 1er | 2e | Contre Paris, 20h15 |
| Paris Basketball | 17e | 15e | À Athènes, 20h15 |
| LDLC ASVEL | 15e | 18e | Contre le Maccabi, 20h45 |
Les deux clubs français naviguent entre la 15e et la 18e place, donc hors de la zone des play-in dans les deux classements. Le Real Madrid a gagné du terrain en remportant le 19 septembre à Abou Dhabi la première Supercoupe de l’EuroLeague, 93 à 89, avec Walter Tavares élu meilleur joueur du tournoi.
Ces rangs restent des paris d’experts, et l’histoire récente montre qu’une équipe peut les faire mentir. C’est précisément le pari que Tony Parker engage pour sa première saison sur un banc.
Tony Parker, de légende des parquets à entraîneur débutant
L’ancien meneur des San Antonio Spurs, quadruple champion NBA, dirige cette saison l’équipe dont il est président. Autour de lui, un staff composé de Vincent Collet, Bryan George et Dounia Issa, avec l’ancien sélectionneur des Bleus en appui d’expérience. Sur le terrain, le vétéran australien Patty Mills fait partie des visages connus de l’effectif.
Eurohoops ne cache pas son scepticisme. Le site estime que « tout le monde suivra l’ASVEL » pour cette première de Parker coach, mais juge que l’équipe n’est pas celle imaginée au début de l’été et qu’une qualification en playoffs paraît improbable. L’EuroLeague va plus loin en rangeant Villeurbanne au 18e rang, faute d’avoir convaincu en préparation.
Le calendrier offre toutefois un départ à domicile, à Villeurbanne, face à un Maccabi classé 12e par l’organisation. Pour Paris, la première soirée s’annonce nettement plus rugueuse.
Paris dans l’antre du Panathinaïkos
Le Paris Basketball, entraîné par Tiago Splitter, sort d’une victoire en Supercoupe de France qui lui a gagné de nouveaux supporters. Mais le club a perdu TJ Shorts, parti à Valence après une saison de très haut niveau, et ouvre sa campagne chez le deuxième du power ranking. Il enchaînera ensuite quatre matchs consécutifs à domicile, un calendrier jugé favorable par l’EuroLeague.
En face, le Panathinaïkos compte deux Français bien connus du public : Mathias Lessort et Guerschon Yabusele, recrue de l’été. Le club athénien a aussi retrouvé Željko Obradović, entraîneur le plus titré de l’histoire européenne, même si les blessures de Kendrick Nunn, Nigel Hayes-Davis et Kostas Sloukas ont perturbé sa préparation.
Il est évident que Željko est quelqu’un dont le nom résonne dans le basket européen. Donc, pour moi, la possibilité de rejouer sous sa direction, surtout dans cette situation au Panathinaïkos où il a laissé son empreinte et où il a écrit l’histoire, est vraiment quelque chose de spécial.
Mathias Lessort, pivot du Panathinaïkos, entretien au site serbe Sportske relayé par BasketEurope le 23 septembre 2026
Pour les Parisiens, affronter deux internationaux tricolores dans l’OAKA d’Athènes donne à cette première journée un parfum de duel franco-français. Reste à mesurer ce que représente, concrètement, la saison qui commence.
Une saison au format marathon
La formule ne change pas par rapport à l’an passé, et elle exige une endurance rare dans le sport collectif. Voici les repères à garder en tête avant le coup d’envoi :
- 20 équipes engagées, chacune affrontant toutes les autres en matchs aller et retour ;
- 38 journées de saison régulière avant les play-in et les playoffs ;
- un tenant du titre, l’Olympiakos, vainqueur du Final Four d’Athènes en mai avec Evan Fournier élu MVP ;
- des matchs diffusés par BeIN Sports, nouveau détenteur des droits de l’EuroLeague et de l’Eurocup ;
- une diffusion gratuite des rencontres du Panathinaïkos sur TV Monaco, dès ce jeudi.
Le calendrier officiel et les résultats sont à suivre sur le site de l’EuroLeague. À raison de deux matchs par semaine lors des doubles journées, la gestion des organismes pèsera autant que le talent, un défi que connaissent bien les Bleus de Wembanyama, passés par Bercy fin août dans un tout autre contexte.
Ce que la saison européenne dit du basket français
Au-delà des résultats, cette saison servira de test grandeur nature. Paris restera ville hôte du tournoi de jeunes NextGen EuroLeague en 2027, et la visibilité des deux clubs nourrit les vocations dans les gymnases, là où le basket se pratique chaque semaine par des milliers d’amateurs qui y trouvent effort cardio, adresse et esprit d’équipe.
La vraie question se posera au printemps : un basket français à deux clubs peut-il rester compétitif face à des budgets comme celui du Zalgiris Kaunas, dont la masse salariale atteint le record de 19,7 millions d’euros ? La réponse commencera à s’écrire ce soir, entre Athènes et Villeurbanne, et elle pèsera dans les arbitrages à venir sur l’avenir du basket européen.
