Mondial de basket : devant à la pause, les Bleues cèdent face à Team USA et décrochent l’argent

14/09/2026 à 11h33  ·  Julie Mirabel  ·  5 minutes à lire

Les Bleues ont mené de quatorze points avant de s'incliner 97-79 devant Team USA en finale du Mondial, à Berlin. Elles ramènent l'argent, premier podium mondial français depuis 1953, et une question sur le palier qui sépare encore cette génération du titre.

La Coupe du monde féminine de basket réunit tous les quatre ans les seize meilleures nations de la planète, et l’édition 2026 s’est jouée à Berlin du 4 au 13 septembre. Les Bleues y ont écrit une page inédite en atteignant la finale, une première depuis la création de l’épreuve en 1953. En face, les États-Unis, invaincus en compétition majeure depuis vingt ans, et le souvenir encore vif du point manquant en finale olympique à Paris.

Dimanche soir, dans une Berlin Arena pleine, la France a mené à la pause avant de s’incliner 97-79. Le résultat brut dit une domination américaine, le déroulé du match raconte autre chose, et le bilan du tournoi encore autre chose. Comment une équipe qui a compté quatorze points d’avance se retrouve-t-elle battue de dix-huit ?

Vingt minutes de rêve, puis le mur américain

Le premier acte a tenu de la démonstration. Adroites de loin et agressives sur les lignes de passe, les Françaises ont compté jusqu’à quatorze longueurs d’avance, à 31-17, avant de voir Team USA revenir par paliers. À la pause, l’écart n’était plus que de deux points, 45-43 pour la France.

Le troisième quart-temps a tout emporté. Les Américaines l’ont remporté 30-12, ont aligné un 16-0 qui a définitivement renversé la rencontre et ont poussé leur avance jusqu’à vingt-sept points. La France, qui avait tenu la tête pendant plus de quatorze minutes, n’a plus jamais repris le score.

Breanna Stewart a signé 22 points et 10 rebonds, et est devenue la première joueuse doublement élue MVP d’une Coupe du monde. Jackie Young a ajouté 18 points, 6 rebonds et 5 passes décisives, sa meilleure sortie du tournoi. Côté tricolore, Dominique Malonga a terminé avec la deuxième évaluation du match, à 23.

Le rebond offensif, là où la finale a basculé

Interrogée après la rencontre, Valériane Ayayi a pointé un domaine précis : le rebond, sur lequel le staff avait pourtant mis l’accent avant le match. Les secondes chances offertes aux Américaines ont nourri leur contre-attaque, leur registre favori, et ont transformé chaque possession manquée en punition.

Les statistiques collectives confirment la bascule. Team USA a tiré à 56 % de réussite contre 48 % pour la France, avec 62,2 % de réussite dans la raquette et un volume de tirs supérieur. L’ailière française a aussi reconnu que la fin du deuxième quart-temps, où la France a laissé filer son avance, avait rendu aux championnes du monde le rythme qu’elles cherchaient.

Ce que les Bleues ramènent de Berlin

Au-delà du score, ce Mondial restera comme le meilleur de l’histoire du basket féminin français. Le bilan comptable du tournoi tient en quelques lignes, et chacune d’elles constitue une première ou un retour attendu.

  • Une médaille d’argent, premier podium mondial de la France depuis le bronze de 1953 ;
  • Une première finale de Coupe du monde, atteinte sans la moindre défaite avant le dernier match ;
  • Le trophée de meilleure défenseuse du tournoi pour Gabby Williams, également retenue dans le cinq majeur ;
  • Une deuxième place au classement final, devant l’Espagne et l’Allemagne ;
  • Deux finales de compétition majeure perdues en deux ans, après l’argent olympique de Paris.

Le rapprochement avec 2024 n’est pas anodin. Il y a deux ans, la France s’était inclinée d’un point, 67-66, sur un pied de Gabby Williams posé sur la ligne à trois points. L’écart s’est cette fois creusé à dix-huit points, ce qui change la nature des regrets.

Le parcours, lui, avait été maîtrisé de bout en bout, depuis leur entrée en lice contre la Hongrie jusqu’à la demi-finale gagnée contre l’Allemagne. Aucune équipe n’avait vraiment inquiété les Bleues avant le dernier rendez-vous.

Une médaille d’argent difficile à savourer

Dans le vestiaire, la consigne a été de garder la tête haute. Dominique Malonga, pivot des Bleues et l’une des révélations du tournoi, a résumé le sentiment général quelques minutes après la sirène, entre la fierté d’un podium attendu depuis soixante-treize ans et la frustration d’une finale manquée.

La France n’avait pas eu de médaille depuis 73 ans. On en ramène une, pas celle qu’on voulait, mais ça reste une médaille. On ne peut s’en contenter mais on doit rester fières.

Dominique Malonga, pivot de l’équipe de France, propos recueillis à Berlin après la finale du Mondial, le 13 septembre 2026

Leïla Lacan a tenu un discours voisin, refusant de se projeter trop vite sur la suite. La qualification olympique reste à décrocher, et le calendrier international ne laisse guère de place aux bilans prolongés.

Un Mondial qui a battu son record d’affluence

La compétition elle-même a changé de dimension en Allemagne. 236 015 spectateurs ont assisté aux matchs sur l’ensemble du tournoi, contre 145 519 lors de l’édition 2022, alors même que moins de rencontres se sont jouées dans la capitale allemande.

La moyenne par rencontre, 6 556 spectateurs, constitue un autre record de l’épreuve. Les Bleues avaient contribué à installer cette ferveur dès le premier tour, avec un record de 65 points inscrits en une mi-temps. Le basket féminin remplit désormais des salles que la discipline n’atteignait pas il y a dix ans.

Une hiérarchie mondiale toujours dominée par Team USA

Le douzième titre mondial américain prolonge une domination difficile à mesurer autrement que par les chiffres. Cinq sacres consécutifs en Coupe du monde et aucune défaite en compétition majeure depuis vingt ans : l’écart structurel reste considérable, même quand une équipe le fait vaciller pendant une mi-temps.

Derrière, le classement final place la France au deuxième rang, devant l’Espagne, victorieuse de l’Allemagne 81-58 dans le match pour la troisième place, et devant le pays hôte, qui signe son meilleur résultat dans la compétition. Trois nations européennes occupent les places 2 à 4, une configuration que le tournoi n’avait pas connue.

Le détail du parcours tricolore est consultable sur la fiche de l’équipe de France publiée par la FIBA. Deux finales perdues en deux ans face au même adversaire, aux Jeux puis au Mondial, situent précisément le palier qui reste à franchir.

Los Angeles 2028 au bout du chemin

La prochaine occasion de viser un titre planétaire porte une date : les Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028. D’ici là, il faudra passer par les qualifications et les fenêtres internationales, autant de rendez-vous où cette génération devra confirmer sa régularité plutôt que ses coups d’éclat.

La question posée à Berlin dépasse le seul résultat sportif. Une équipe capable de mener une finale mondiale de quatorze points pendant vingt minutes bute sur la profondeur de banc et la puissance physique adverses : ce sont des chantiers de formation et de préparation, pas un problème de talent individuel.

Le public, lui, a répondu présent, et la pratique suit souvent l’exposition. Les clubs français mesureront dès cet automne si une finale mondiale suffit à remplir les créneaux d’entraînement, comme d’autres disciplines l’ont constaté après une performance marquante. Le basket féminin dispose désormais d’un argument qu’il n’avait pas.

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