Zidane réussit ses débuts en Turquie, mais le genou de Mbappé inquiète avant la Belgique

26/09/2026 à 15h26  ·  Clément Haddad  ·  5 minutes à lire

Premier succès 1-0 en Turquie pour Zinédine Zidane, porté par un but de Kylian Mbappé. Mais la sortie du capitaine, touché au genou, change la donne avant le choc de lundi face à la Belgique pour la tête du groupe.

Il a fallu attendre la 54e minute et une frappe rasante de Kylian Mbappé pour que l’ère Zidane s’ouvre sur un succès. Vendredi 25 septembre, à Kocaeli, l’équipe de France s’est imposée 1-0 face à la Turquie pour la première journée de la Ligue des nations, une compétition de l’UEFA qui oppose les sélections européennes par groupes de quatre, en dehors des grands tournois.

Pour le nouveau sélectionneur, champion du monde 1998 devenu entraîneur à succès, ce premier rendez-vous avait valeur de test grandeur nature, un peu plus de deux mois après sa nomination à la tête des Bleus. La victoire est là, mais la sortie de Mbappé, touché au genou gauche, a refroidi l’ambiance. Que faut-il vraiment retenir de cette soirée turque, et que peut-on attendre du déplacement en Belgique lundi ?

Un match fermé, débloqué au retour des vestiaires

La première période n’a rien donné au tableau d’affichage. Les deux équipes se sont neutralisées pendant 45 minutes, et la pause est arrivée sur un 0-0 logique au vu des rares occasions nettes. Mike Maignan a tout de même dû s’employer sur une tête turque, preuve que les Bleus n’ont pas tout maîtrisé.

Après la reprise, la France a haussé le rythme. Sur un ballon récupéré haut, Michael Olise a servi Mbappé côté gauche et le capitaine a conclu d’une frappe rasante dans la surface à la 54e minute. Selon le compte rendu publié par le Real Madrid, son club, l’attaquant a disputé 59 minutes avant de céder sa place, gêné au genou.

La fin de match a été plus confortable qu’annoncé. L’expulsion du gardien turc Çakır a laissé les Bleus en supériorité numérique, et Eduardo Camavinga, entré à la 77e minute, a pu aider à gérer le résultat jusqu’au coup de sifflet final. Encore faut-il comprendre comment Zidane a préparé ce rendez-vous en si peu de temps.

Trois entraînements et demi pour poser une méthode

Le sélectionneur l’a rappelé lui-même devant les médias : son groupe n’a eu que trois entraînements et demi avant ce premier match. Pas de révolution tactique possible dans ce délai, mais quelques principes clairs, dont un pressing immédiat après chaque perte de balle et une première liste renouvelée avec plusieurs visages neufs.

Si je dois ressortir quelque chose de particulier, c’est l’équilibre qu’on a eu à chaque fois qu’on a eu une perte de balle. C’est très important pour la suite.

Zinédine Zidane, sélectionneur de l’équipe de France, face aux médias après Turquie-France, le 25 septembre 2026

Cette obsession de l’équilibre rappelle le Zidane entraîneur, qui avait remporté trois Ligues des champions consécutives avec le Real Madrid entre 2016 et 2018 sans jamais sacrifier la solidité collective. Autour de lui, le retour de Fabien Barthez dans le staff complète un encadrement qui mise sur la mémoire de 1998. Sur le terrain, plusieurs choix ont d’ailleurs surpris.

Les enseignements du premier onze de Zidane

Le premier onze de l’ère Zidane livre quatre indications utiles pour la suite de la saison, entre satisfactions et réglages à revoir :

  • Manu Koné, installé en sentinelle, un poste qu’il occupe rarement, a récupéré beaucoup de ballons et convaincu son sélectionneur ;
  • Michael Olise a été le joueur offensif le plus créatif, auteur de la passe décisive et noté 6 sur 10 par Eurosport ;
  • Ousmane Dembélé, aligné en numéro 9, n’a pas pesé (4 sur 10), même si Zidane a salué son intelligence dans le pressing ;
  • la défense, avec Upamecano et Lacroix dans l’axe, n’a rien concédé, et Maignan a préservé le zéro d’un arrêt décisif.

Ces notes restent celles d’un premier match, joué avec moins d’une semaine de travail commun. Les automatismes offensifs, notamment l’animation autour de Rayan Cherki dans un rôle axial inhabituel, demanderont du temps. Le vrai sujet de la soirée, lui, s’est joué juste après le but.

Le genou de Mbappé, l’inquiétude de la soirée

Zidane n’a pas cherché à minimiser. Il a expliqué que son capitaine s’était fait une hyperextension du genou au moment de sa frappe, avant d’ajouter que la situation ne se présentait pas bien. Le joueur doit rentrer à Madrid pour y passer des examens, et le staff ne prendra aucun risque.

Une hyperextension survient quand l’articulation part au-delà de son extension normale, souvent lors d’un appui bloqué ou d’une frappe en pleine course. Le mouvement sollicite fortement les ligaments et les tendons, ce qui explique la prudence des médecins avant tout diagnostic. Sur les terrains amateurs aussi, ce geste est l’un de ceux qui rappellent l’intérêt d’un bon échauffement et d’un renforcement régulier des cuisses.

Pour les Bleus, l’absence probable de l’auteur de l’unique but du match tombe mal. Mbappé porte l’attaque française depuis des années et détient son record de buts en Coupe du monde. Sans lui, Zidane devra trouver une autre solution dès lundi, face à un adversaire qui a frappé fort.

La Belgique déjà en tête du groupe A1

Pendant que la France gagnait en Turquie, la Belgique réussissait un succès de prestige 2-0 au Stadio Olimpico de Rome face à l’Italie. Au soir de la première journée, le classement du groupe se présente ainsi :

ÉquipePointsDifférence de butsRésultat de la 1re journée
Belgique3+2Victoire 2-0 en Italie
France3+1Victoire 1-0 en Turquie
Turquie0-1Défaite 0-1 contre la France
Italie0-2Défaite 0-2 contre la Belgique

Le choc Belgique-France, prévu lundi 28 septembre à 20h45 au stade Roi-Baudouin de Bruxelles, prend donc des airs de duel pour la première place. D’après le règlement rappelé par la Fédération française de football, les deux premiers du groupe filent en quarts de finale, tandis que les deux derniers disputent des barrages de maintien.

Une compétition pour construire plutôt que pour briller

La Ligue des nations n’a pas le prestige d’un Euro ou d’une Coupe du monde, mais elle offre à un nouveau sélectionneur ce qui lui manque le plus : des matchs à enjeu pour tester ses idées. Six rencontres de poule, face à trois adversaires de premier plan, permettent de roder un système sans la pression d’une élimination immédiate.

Le premier résultat donne raison à Zidane, mais le match de Bruxelles dira si son équilibre tient sans Kylian Mbappé et face à une équipe en confiance. Pour les supporters, c’est aussi l’occasion de voir émerger une nouvelle génération, et pour les clubs amateurs, de profiter de l’élan d’une sélection qui repart de zéro avec une légende sur le banc.

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