Mondiaux de badminton : trois Bleus en huitièmes à New Delhi, dont Lanier et Toma Junior Popov

20/08/2026 à 17h24  ·  Julie Mirabel  ·  6 minutes à lire

Les seizièmes de finale ont ramené le contingent français à trois affiches à New Delhi, entre les deux simples et le double mixte. Il reste quatre tours à franchir avant les finales de dimanche, dans un tournoi où le simple hommes tricolore n'a jamais atteint le podium.

Les championnats du monde de badminton se disputent jusqu’au 23 août à l’Indira Gandhi Arena de New Delhi, en Inde. C’est le rendez-vous annuel où se distribuent les seuls titres mondiaux de la discipline, hors année olympique, et il se joue en tableau à élimination directe : un match perdu, et la saison entière bascule. La France y a engagé sept représentants en simple, en double hommes et en double mixte.

Après trois journées de compétition, l’équipe de France s’est resserrée. Les seizièmes de finale de mercredi ont fait le tri, et le contingent tricolore tient désormais en trois affiches. Reste à savoir jusqu’où ce noyau peut aller dans un tournoi où la France n’a encore jamais gagné le simple hommes ?

Trois Bleus encore en lice après les seizièmes

La journée de mercredi a été bien plus favorable que la précédente, marquée par l’élimination de Christo Popov dès son entrée en lice. Voici l’état des forces françaises à l’issue de ces seizièmes de finale :

  • Alex Lanier, dixième mondial, qualifié en dominant le Thaïlandais Panitchaphon Teeraratsakul 21-12, 21-13 ;
  • Toma Junior Popov, quinzième mondial, vainqueur du Birman Hein Htut 21-13, 21-11 ;
  • Thom Gicquel et Delphine Delrue, cinquièmes mondiaux du double mixte, qualifiés face aux Danois Werge et Kolding 21-16, 21-12 ;
  • Léo Rossi et Eloi Adam, éliminés en double hommes par les numéros 2 mondiaux indonésiens sur le score de 14-21, 13-21.

Le double hommes payait cher son placement. Quarante-quatrièmes mondiaux, Rossi et Adam tombaient sur Fajar Alfian et Muhammad Shohibul Fikri dès le deuxième tour, une paire que personne ne bat par accident. La marche était trop haute, et elle était connue d’avance.

Les trois rescapés partagent un point commun : ils arrivent tous avec une saison de haut niveau derrière eux, ce qui change la lecture de leurs tableaux respectifs et rend chaque huitième plus ouvert qu’un simple écart de classement ne le laisse croire.

Alex Lanier a évité le piège thaïlandais

Le Normand de 21 ans avait tiré un adversaire classé juste derrière lui, ce qui, dans un tableau de championnat du monde, constitue le pire scénario au deuxième tour. Il a réglé la question en deux manches, sans jamais être inquiété, en appliquant patiemment un plan de jeu plutôt qu’en cherchant l’accélération. Vingt-cinq points de marge sur deux sets disent l’écart réel de maîtrise.

Son année 2026 ressemblait pourtant à une succession de rendez-vous manqués. Champion d’Europe en 2025, il n’a pas conservé son titre en avril à Huelva, sorti en quarts par son compatriote Arnaud Merklé, avant de sortir au deuxième tour en Malaisie puis au Japon. Sa victoire à Singapour fin mai reste sa meilleure sortie de la saison.

À la veille du tournoi, il assurait pourtant se présenter à New Delhi dans les meilleures dispositions, après un bloc de préparation dont il disait avoir corrigé les excès. Le discours tranchait avec ses résultats du printemps, et les seizièmes de finale lui ont pour l’instant donné raison.

Tous les voyants sont au vert. J’ai un bon niveau de jeu et je me sens bien physiquement et mentalement. On a fait les choses correctement ces derniers temps pour être prêt.

Alex Lanier, à la veille des championnats du monde de New Delhi, dans des propos rapportés le 16 août 2026

Toma Junior Popov face à une série de douze défaites

Le tirage a réservé au Fosséen l’obstacle le plus documenté du tableau. En huitièmes de finale, Toma Junior Popov retrouvait le Danois Anders Antonsen, quatrième mondial, face auquel il compte douze défaites en douze confrontations. Une série de ce genre pèse autant sur la tactique que sur la tête.

Le contexte est toutefois moins défavorable qu’il n’y paraît. Le Français sort d’une finale au Super 1000 de Chine, à Changzhou, la première d’un Tricolore à ce niveau de tournoi, et il avait expédié son seizième de finale en deux sets contre le cent trente-septième mondial. Un joueur qui gagne en confiance finit par casser une série, et le tableau de New Delhi offrait l’occasion la plus visible de la saison.

Le double mixte, la carte la plus sûre des Bleus

Thom Gicquel et Delphine Delrue sont entrés directement en seizièmes, en tant que cinquièmes mondiaux, et ils ont écarté une paire danoise classée cinquante-quatrième sans donner de signes de faiblesse. Leur bronze au Super 1000 chinois en juillet les avait installés dans une forme que les Mondiaux devaient confirmer.

En huitièmes, ils affrontaient les Américains Presley Smith et Jennie Gai, dix-septièmes mondiaux, une paire qu’ils n’avaient encore jamais rencontrée. Cette absence de référence commune complique la préparation vidéo, mais elle prive aussi l’adversaire de tout repère. La sortie des frères Popov en double hommes a de toute façon déplacé les espoirs français vers ce mixte et vers les deux simples.

Un jeudi à trois matchs et un décalage horaire

Le programme tricolore de ce jeudi tenait sur une seule journée indienne, étalée du petit matin au début d’après-midi en heure française. Gicquel et Delrue ouvraient le bal à 8 heures sur le court 4, avant Alex Lanier à 13h40 puis Toma Junior Popov à 14h30, tous deux sur le court 2. Trois matchs en sept heures pour fixer la suite du tournoi français.

Ce calendrier resserré est la règle dans un championnat du monde de badminton, où sept tours s’enchaînent en une semaine. Les joueurs de simple qui vont au bout disputent parfois deux matchs le même jour, ce qui explique que la fraîcheur physique compte autant que le niveau de jeu dans la dernière ligne droite.

La compétition est diffusée en France sur La Chaîne L’Équipe et sur sa plateforme en ligne, les courts secondaires étant repris par la chaîne YouTube de la fédération internationale. Le badminton reste l’un des rares sports olympiques accessibles gratuitement pendant l’intégralité de ses Mondiaux.

Les quarts de finale étaient programmés vendredi, les demies samedi et les finales dimanche 23 août. Chaque tour franchi rapproche les Bleus d’un podium que le simple hommes français n’a encore jamais atteint dans cette compétition.

Ce que vaudrait une médaille pour le badminton français

Le badminton occupe une place particulière dans le paysage sportif national. C’est un sport que des millions de Français ont pratiqué en cours d’éducation physique ou sur une plage, et l’attrait du volant en pratique de loisir ne s’est jamais démenti. La distance entre ce loisir et le niveau mondial reste pourtant considérable.

Une médaille mondiale en simple hommes agirait comme un signal, à la manière de ce que le tennis de table a connu avec l’irruption des frères Lebrun. Les fédérations savent qu’un résultat visible se traduit en licences quelques mois plus tard, et le badminton français dispose d’un réseau de clubs dense pour absorber cette vague.

Reste que les tableaux de New Delhi ne laissent aucune place aux scénarios confortables. Trois Français en huitièmes de finale constituent déjà le meilleur point de départ possible pour une délégation qui visait la médaille qui manque encore au simple hommes.

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