Mondiaux de badminton : les frères Popov sortis du double, tout se joue désormais en simple

18/08/2026 à 19h26  ·  Clément Haddad  ·  5 minutes à lire

Battus dès le premier tour du double hommes à New Delhi, Christo et Toma Junior Popov ont pointé un calendrier qui a enchaîné simple et double dans la même journée. Il reste aux Bleus trois joueurs dans le top 15 mondial et un double mixte qui entre en lice mercredi.

Les championnats du monde de badminton se disputent jusqu’au 23 août à l’Indira Gandhi Arena de New Delhi, avec cinq titres en jeu entre les deux simples et les trois doubles. Pour la France, la semaine a commencé par une sortie de route : lundi 17 août, Christo et Toma Junior Popov ont été éliminés dès le premier tour du double hommes par les Japonais Takumi Nomura et Yuichi Shimogami.

Le score, 21-13 et 21-17 pour la paire japonaise, ne raconte qu’une partie de la journée. Toma Junior Popov avait déjà disputé son match de simple quelques heures plus tôt, et il est entré sur le court du double sans avoir récupéré. Jouer deux tableaux dans un même championnat, est-ce encore tenable au niveau mondial ?

Un premier tour perdu en deux manches

La rencontre n’a jamais basculé du côté français. Les deux frères ont concédé la première manche 21-13, puis se sont rapprochés dans la seconde sans parvenir à inverser la tendance, battus 21-17 sur une deuxième manche mieux disputée. Le tableau du double hommes aligne quarante-huit paires, et un premier tour perdu ferme la porte immédiatement.

Interrogé sur le moment où le match leur a échappé, Toma Junior Popov a désigné les échanges les plus courts, ceux qui suivent le service et la remise. Le troisième coup et le jeu à mi-court ont fait la différence, avec une défense japonaise capable de reprendre l’initiative sans attendre.

Reste la question du programme, soulevée sans détour par le cadet des deux frères après la rencontre.

Le calendrier mis en cause, sans en faire une excuse

Enchaîner un simple et un double dans la même journée impose une gestion serrée de l’alimentation, de l’échauffement et du repos. Toma Junior Popov a jugé cette programmation peu équitable, tout en refusant d’en faire la cause de la défaite.

C’était vraiment difficile de récupérer. Je ne me sentais pas bien en entrant directement sur le court. Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle l’arbitre m’a mis dans un programme aussi serré. Il faudrait peut-être leur demander pourquoi, parce que je ne pense pas que ce soit très juste.

Toma Junior Popov, après l’élimination des frères Popov en double hommes aux championnats du monde de New Delhi, le 17 août 2026, propos rapportés par l’agence IANS

Son frère a écarté l’argument physique pour expliquer le résultat, estimant que la paire japonaise avait simplement imposé un niveau que les Français n’ont pas atteint ce jour-là. Les deux joueurs assument le choix de disputer deux tableaux, en acceptant qu’il leur arrive de ne pas être à cent pour cent.

Ce qu’il reste aux Bleus à New Delhi

La délégation française conserve l’essentiel de ses chances, réparties sur deux tableaux :

  • Christo Popov, cinquième joueur mondial, chef de file tricolore et vainqueur des Finales du circuit mondial en 2025 ;
  • Alex Lanier, neuvième mondial, placé dans la même partie de tableau que Christo Popov ;
  • Toma Junior Popov, quinzième mondial, toujours engagé en simple malgré la sortie en double ;
  • Delphine Delrue et Thom Gicquel, cinquièmes têtes de série du double mixte et médaillés de bronze mondiaux l’an dernier.

Trois joueurs dans le top 15 mondial du simple hommes, c’est une configuration que la France n’avait jamais alignée sur un championnat du monde. Aucune médaille tricolore n’y a pourtant jamais été décrochée en simple hommes, ce que rappelait déjà l’état des lieux dressé avant le coup d’envoi.

Le tirage a placé Christo Popov et Alex Lanier du même côté, ce qui ouvre la possibilité d’un duel français en huitièmes de finale.

Christo Popov, cinquième mondial et chef de file

Le cadet de la fratrie aborde ces Mondiaux avec le meilleur classement de sa carrière et deux tournois remportés depuis janvier, dont l’Open du Japon. Son objectif annoncé est une première médaille mondiale en simple, l’épreuve qui manque encore au palmarès du badminton français.

Après le double perdu, il a relevé un point technique moins visible : les conditions varient d’un terrain à l’autre dans la salle de New Delhi, et il dit avoir emmagasiné des repères utiles pour la suite. Ce détail de courant d’air et de rebond du volant pèse souvent plus qu’on ne l’imagine sur un tournoi de sept jours.

Gicquel et Delrue, la carte la plus sûre

Le double mixte tricolore n’entre en lice que mercredi, exempté de premier tour grâce à son statut de cinquième tête de série. Le duo avait décroché le bronze mondial l’an dernier à Paris, mettant fin à seize ans d’attente entre deux médailles françaises aux championnats du monde.

Leur entrée décalée leur épargne précisément ce qui a coûté cher aux frères Popov, à savoir l’accumulation de matchs en deux jours. Le double mixte reste par ailleurs la discipline où la France a construit sa profondeur, bien avant que le simple hommes ne devienne compétitif.

Le prix du double programme

Aligner un joueur sur deux tableaux relève d’un calcul de probabilités : deux chances de médaille contre une fatigue accrue et un calendrier subi. À New Delhi, le calcul s’est retourné contre les frères Popov dès le premier jour, sans que la fédération internationale ait à modifier quoi que ce soit à sa grille horaire.

Le sujet dépasse le cas français. Les tournois du circuit mondial condensent cinq tableaux sur une semaine, et les joueurs qui cumulent simple et double se retrouvent régulièrement à disputer trois matchs en trente-six heures, avec les risques de blessure que suppose cette densité. La récupération devient une compétence à part entière, au même titre que le smash ou le jeu au filet.

La suite de la semaine dira si le pari conserve un sens. Christo Popov et Alex Lanier avancent en simple avec un tableau ouvert, et une médaille effacerait le faux départ de lundi, dans un sport où l’écart entre pratique de loisir et haut niveau reste l’un des plus larges, comme le montrent aussi les chiffres de licences délivrées en France.

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