Il y a des matchs nuls qui ressemblent à des événements. Mercredi 30 septembre, au Groupama Stadium, OL Lyonnes et Chelsea se sont quittés sur un 0-0 qui a surpris tout le monde, tant les Lyonnaises écrasaient tout depuis la reprise. Le même soir, à Jean-Bouin, le Paris FC revenait de 0-2 face à Arsenal pour arracher un point.
La Ligue des champions féminine vit sa deuxième journée d’une phase de ligue qui a remplacé les anciennes poules : dix-huit clubs, six matchs chacun et un classement unique, comme chez les hommes. Barcelone a déjà pris la tête, Lyon et Chelsea suivent, Paris FC et PSG cherchent leur place. Que disent ces premiers résultats de la hiérarchie européenne qui se dessine pour la saison ?
Lyon tenu en échec, une première depuis 2019
Les chiffres disent mieux que tout le reste à quel point ce 0-0 détonne. Avant la venue de Chelsea, OL Lyonnes restait sur quatre victoires, 7-1 contre Fleury, 7-1 contre le Paris FC, 8-1 au Havre et 8-0 face au Servette Genève en ouverture européenne, soit trente buts marqués en quatre rencontres.
Selon Media365, il faut remonter à 2019 et à un Trophée des championnes face au PSG pour trouver un match sans victoire lyonnaise aussi tôt dans la saison. Face aux Londoniennes, l’OL a pourtant eu les meilleures situations, avec un but de Parraluelo refusé pour hors-jeu à la 72e minute, avant une tête d’Ada Hegerberg passée à côté dans les dernières minutes.
Le danger est aussi venu de l’autre côté. Un penalty accordé à Chelsea a été annulé après visionnage vidéo à la 75e minute, et Lauren James a manqué une occasion franche à la 88e. Ce match à fleurets mouchetés tenait aussi à un visage bien connu sur le banc adverse.
Sonia Bompastor, l’ancienne maison en face
Sonia Bompastor connaît le Groupama Stadium par cœur. L’ancienne joueuse puis entraîneuse lyonnaise y a construit une partie de sa carrière, jusqu’à remporter la Ligue des champions 2022 sur le banc de l’OL, avant de rejoindre Chelsea à l’été 2024. Son équipe comptait mercredi plusieurs anciennes Lyonnaises, dont Ellie Carpenter, Lucy Bronze et Melvine Malard.
Cette connaissance mutuelle s’est vue sur le terrain. Chelsea a fermé les couloirs et coupé les relais entre milieu et attaque, privant l’OL de ses enchaînements rapides habituels. Après la rencontre, la milieu haïtienne Melchie Dumornay a résumé le sentiment du vestiaire lyonnais.
Je suis fière de l’équipe car c’était quand même une belle prestation.
Melchie Dumornay, milieu de terrain d’OL Lyonnes, après le match nul contre Chelsea en Ligue des champions, le 30 septembre 2026
Le point pris ne change pas grand-chose au statut de l’octuple championne d’Europe, qui reste l’une des favorites déclarées de la compétition. Il rappelle simplement que la nouvelle formule ne laisse aucune soirée sans enjeu, comme l’a vérifié le Paris FC quelques kilomètres plus au nord.
Le Paris FC renverse Arsenal grâce à un penalty improbable
À Jean-Bouin, le scénario a longtemps semblé écrit d’avance. Alessia Russo a ouvert le score à la 41e minute, Georgia Stanway a doublé la mise à la 50e, et le Paris FC, battu 5-2 à Barcelone lors de la première journée, se dirigeait vers une deuxième défaite européenne.
Clara Mateo a relancé la rencontre à la 71e minute, avant un dénouement que personne n’avait prévu. Leah Williamson, capitaine d’Arsenal, s’est saisie du ballon à la main dans sa surface pour jouer un six mètres, et Maeline Mendy a transformé le penalty à la 87e. Ce point vaut beaucoup pour un club qui joue sa place dans cette phase de ligue face aux grandes écuries.
Barcelone seul en tête après deux journées
Le reste de la soirée a confirmé la hiérarchie attendue, avec plusieurs grosses écuries victorieuses à l’extérieur. Ces résultats, publiés par l’UEFA, installent le FC Barcelone en patron de la phase de ligue :
- Roma 0-6 Barcelone, avec un doublé de Claudia Pina et deux réalisations de Caroline Graham Hansen ;
- Benfica 0-3 Bayern Munich, avec des buts de Klara Bühl, Pernille Harder et Franziska Kett ;
- Häcken 0-3 Juventus, une victoire nette en Suède ;
- Paris FC 2-2 Arsenal et OL Lyonnes 0-0 Chelsea, les deux affiches qui ont résisté aux favoris.
Avec six points, Barcelone est la seule équipe à avoir gagné ses deux matchs. Lyon et Chelsea comptent quatre points, à égalité avec Arsenal et Benfica derrière le leader, selon le décompte d’Eurosport.
La journée n’est d’ailleurs pas terminée. Le Paris Saint-Germain reçoit OH Louvain ce jeudi 1er octobre à 21 h, en même temps qu’un Manchester City-Real Madrid très attendu, avec trois clubs français engagés dans la course.
Six matchs pour une place en quarts de finale
La formule adoptée par l’UEFA pour la Ligue des champions féminine change la lecture de chaque résultat. Les quatre premières de la phase de ligue filent directement en quarts de finale, tandis que les équipes classées de la 5e à la 12e place passent par des barrages, et les six dernières sont éliminées.
Dans ce système, un match nul à domicile se paie au moment des comptes, et un point arraché à l’extérieur peut valoir une qualification. Lyon recevra l’Inter le 28 octobre, Chelsea accueillera la Roma le même soir, avec quatre journées encore à disputer pour départager les prétendantes.
Une compétition qui change de dimension
Au-delà du classement, cette deuxième journée illustre l’élargissement du football féminin européen. Le niveau s’est resserré entre l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne et la France, et les affiches entre grands clubs se jouent désormais à rien, comme l’ont montré les deux matchs nuls de mercredi soir.
Ce mouvement s’appuie sur le nouveau cadre du sport professionnel féminin en France, et sur une base de pratiquantes qui ne cesse de s’élargir, comme le montrent les chiffres des licences au féminin. Quand trente buts en quatre matchs ne suffisent plus à battre Chelsea, c’est toute la hiérarchie européenne qui se remet en jeu, et la suite dira si les clubs français ont pris la mesure de cette concurrence nouvelle.
