Ligue des nations : à Séville, Lamine Yamal fête le trophée mondial avec un doublé contre la Croatie

30/09/2026 à 15h10  ·  Clément Haddad  ·  5 minutes à lire

Quelques minutes après avoir présenté la Coupe du monde à son public, l'Espagne a dominé la Croatie 4-1 à Séville. Portée par Lamine Yamal, la sélection de Luis de la Fuente installe une domination qui interroge tous ses rivaux européens.

Avant même le coup d’envoi, le stade Ramón Sánchez-Pizjuán avait des airs de fête. Mardi 29 septembre, Séville a accueilli la présentation du trophée de la Coupe du monde 2026 au public espagnol, quelques minutes avant un Espagne-Croatie de Ligue des nations. La suite a prolongé la célébration : une victoire 4-1 et un doublé de Lamine Yamal.

La Ligue des nations, créée par l’UEFA en 2018, remplace une partie des matchs amicaux par une compétition à part entière, avec montées, descentes et un Final Four. Pour l’Espagne, championne d’Europe et du monde en titre, cette édition 2026-2027 sert de laboratoire entre deux grands tournois. Reste à savoir si cette sélection peut encore progresser, et qui pourra l’arrêter ?

Une soirée à sens unique à Séville

Lamine Yamal n’a pas laissé le temps aux Croates de s’installer. L’ailier du FC Barcelone a ouvert le score dès la deuxième minute de jeu, avant que Dion Beljo n’égalise à la 28e minute. Le répit a été bref : Marc Pubill a redonné l’avantage aux siens trois minutes plus tard.

La seconde période a confirmé l’écart entre les deux équipes. Yamal a signé son doublé à la 63e minute, puis Nico Williams a fixé le score à 4-1 à l’avant-dernière minute du temps réglementaire. Le sélectionneur Luis de la Fuente a lui-même estimé, après la rencontre, que la première période « aurait pu se terminer sur un score de quatre ou cinq à un ».

La Croatie n’est pourtant pas un adversaire de second rang. Finaliste de la Coupe du monde 2018, troisième en 2022 et finaliste de la Ligue des nations 2023, elle reste l’une des sélections les plus régulières d’Europe depuis une décennie. L’égalisation de Beljo a montré qu’elle pouvait résister, mais pas suffisamment longtemps pour inquiéter une Espagne qui a ensuite déroulé son jeu de possession.

Lamine Yamal, 19 ans et déjà l’homme des grands soirs

Né le 13 juillet 2007, Lamine Yamal a fêté ses 19 ans quelques jours avant la finale de la Coupe du monde. À Séville, il a encore montré cette capacité à décider des matchs à lui seul, au moment où les votes du Ballon d’Or 2026 viennent d’être clos. Son nom revient parmi les favoris, deux ans après son titre de champion d’Europe à 17 ans.

La précocité du Barcelonais n’a guère d’équivalent. Lancé en équipe première du FC Barcelone à 15 ans, en avril 2023, il était devenu lors de l’Euro 2024 le plus jeune buteur de l’histoire de la compétition, avec une frappe enroulée contre la France en demi-finale, à 16 ans et 362 jours. De la Fuente, qui l’a connu dans les sélections de jeunes, ne cache pas son admiration.

Lamine a très envie de continuer à progresser et de montrer au monde entier quel footballeur il est

Luis de la Fuente, sélectionneur de l’Espagne, après la victoire 4-1 contre la Croatie à Séville, le 29 septembre 2026

Le parcours du Barcelonais avait déjà marqué l’été, lors du face-à-face avec Kylian Mbappé en demi-finale du Mondial. Face à la Croatie, il a surtout rappelé que sa marge de progression reste immense, ce que confirment les chiffres de toute une sélection.

Les chiffres d’une sélection qui ne perd plus

Selon Eurosport, l’Espagne aligne des statistiques rarement vues au niveau international. Ces repères donnent la mesure de la domination espagnole depuis deux ans :

  • 40 matchs sans défaite, hors séances de tirs au but ;
  • 9 victoires consécutives, dont ce 4-1 face à la Croatie ;
  • un titre de champion d’Europe décroché en juillet 2024 à Berlin, face à l’Angleterre (2-1) ;
  • une Coupe du monde 2026 remportée face à l’Argentine, seize ans après le sacre de 2010 ;
  • la première place du groupe 3 de la Ligue des nations après cette rencontre.

La nuance « hors tirs au but » a son importance. La seule ombre récente au tableau espagnol reste justement une finale perdue aux tirs au but, dans cette même Ligue des nations.

La Ligue des nations, un trophée qui résiste encore

L’Espagne entretient une relation contrastée avec cette compétition. Finaliste malheureuse en 2021 face à la France (2-1 à Milan), elle l’a emporté en 2023 à Rotterdam, déjà face à la Croatie, aux tirs au but (0-0, 5-4). Le match de Séville avait donc un parfum de revanche pour les Croates.

En juin 2025, la Roja a en revanche cédé en finale contre le Portugal de Cristiano Ronaldo, à Munich, au terme d’une séance de tirs au but (2-2, 5-3). Cette défaite sans en être une explique pourquoi la série d’invincibilité se compte hors tirs au but, et pourquoi le Final Four 2027 reste un objectif affiché.

Un collectif où tout le monde peut jouer

La force de cette Espagne tient à la profondeur de son effectif. Le buteur Marc Pubill, défenseur de formation, en est l’illustration. Nico Williams l’a résumé après la rencontre : « Luis de la Fuente dit déjà que peu importe qui joue. Nous sommes des joueurs de grande qualité« .

Cette rotation permanente n’a rien d’un hasard. Depuis le sacre mondial décroché grâce à Ferran Torres, le sélectionneur a continué à faire tourner, en misant sur une identité de jeu partagée par tous les joueurs. Le calendrier des prochaines journées est consultable sur le site officiel de l’UEFA.

Le prochain rendez-vous est fixé à samedi, face à la République tchèque. L’Espagne pourrait y porter sa série à dix victoires consécutives, ce qui pose une question à tous ses rivaux européens.

Les Bleus de Zidane face au nouveau maître du football

En France, l’équipe de Zinédine Zidane a elle aussi bien lancé sa campagne, avec la victoire arrachée par Michael Olise en Belgique. Mais l’écart de maturité avec l’Espagne saute aux yeux, quand la Roja déroule un jeu installé depuis plusieurs saisons et que les Bleus reconstruisent autour de nouveaux visages.

Le football international vit peut-être une période comparable à celle de 2008-2012, quand l’Espagne avait enchaîné trois titres majeurs. La question qui se pose aux Bleus, aux Anglais ou aux Portugais n’est plus seulement de battre cette équipe un soir, mais de construire un projet capable de rivaliser sur la durée, et le Final Four de 2027 dira qui a déjà pris de l’avance.

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