Le décor était prêt pour une fête. Pour son premier match à domicile comme sélectionneur, Zinédine Zidane retrouvait vendredi soir un Stade de France que les Bleus n’avaient plus foulé depuis 558 jours, face à une Italie qui reste, depuis la finale de 2006, l’adversaire le plus chargé de souvenirs de sa carrière. 77 118 spectateurs avaient rempli l’enceinte de Saint-Denis, et le scénario semblait écrit d’avance après deux victoires à l’extérieur.
La Ligue des nations, compétition de l’UEFA qui oppose les sélections européennes en groupes de quatre entre deux grands tournois, offre à Zidane un terrain d’essai grandeur nature avant l’Euro 2028. Le match nul 1-1 concédé contre l’Italie, le 2 octobre 2026, ne coûte pas la tête du groupe, mais il pose une question que vous vous posez peut-être déjà : ce premier accroc révèle-t-il une limite ou un simple manque de réussite ?
Un coup franc d’Olise, puis la réplique de Bastoni
La première période a buté sur un bloc italien dense, regroupé devant sa surface et prompt à fermer l’axe. Il a fallu attendre la 55e minute pour voir le verrou sauter, et c’est Michael Olise qui a trouvé la faille sur coup franc, à une vingtaine de mètres, côté droit. Sa frappe du gauche a enroulé le mur, heurté la transversale et franchi la ligne sans laisser la moindre chance à Gianluigi Donnarumma.
L’ailier confirme ainsi un début de saison en sélection très abouti, quatre jours après avoir offert la victoire aux Bleus en Belgique à la 88e minute. Sur le banc, Zidane n’a pas caché sa joie, conscient de la rareté d’un tel geste au plus haut niveau.
L’avantage n’a tenu qu’un quart d’heure. À la 68e minute, un dégagement manqué de Lucas Da Cunha a profité à Alessandro Bastoni, qui a glissé le ballon sous Mike Maignan d’une frappe du plat du pied gauche. Une erreur technique, une seule, a suffi à l’Italie pour revenir dans la partie, et la suite du match allait encore compliquer la tâche des Bleus.
Les chiffres d’une domination sans récompense
Sur le papier, la France a largement dicté le tempo de la rencontre. Les données publiées par la Fédération française de football dessinent un écart net entre la maîtrise du jeu et le tableau d’affichage :
- 61 % de possession de balle pour les Bleus sur l’ensemble de la rencontre ;
- 18 tirs français, dont 8 cadrés, contre 14 tirs italiens pour seulement 3 cadrés ;
- plusieurs parades décisives de Donnarumma, devant Ousmane Dembélé, Michael Olise, Adrien Rabiot puis Eduardo Camavinga dans le temps additionnel ;
- une 70e sélection pour Ousmane Dembélé, capitaine au coup d’envoi pour la première fois ;
- une 50e titularisation pour le gardien Mike Maignan.
Ces chiffres racontent une équipe qui crée, qui insiste, mais qui manque de justesse dans le dernier geste. Huit tirs cadrés pour un seul but, face à un gardien italien en état de grâce, voilà le résumé d’une soirée frustrante, que la fin de rencontre a encore assombrie.
Upamecano expulsé, une fin de match à dix
Averti une première fois à la 74e minute, Dayot Upamecano a récidivé à la 85e en retenant l’attaquant Moïse Kean. Ce second carton jaune a laissé les Bleus à dix pour les dernières minutes, alors que la France cherchait encore le but de la victoire.
Ce passage en infériorité numérique a changé la nature du match. L’Italie, qui avait déjà eu deux occasions franches en première période avec Kean devant Maignan et Davide Frattesi, aurait pu renverser la rencontre dans le money time. Le point du match nul, vu sous cet angle, ressemble autant à une occasion manquée qu’à un résultat préservé, et c’est précisément la lecture que le sélectionneur a choisi de défendre.
Zidane défend le contenu plutôt que le score
Au coup de sifflet final, le technicien n’a pas cherché d’excuse au résultat. Il a préféré mettre en avant le pressing et l’engagement de ses joueurs, en particulier dans les duels, là où ses joueurs ont été, selon lui, exemplaires.
À la fin, à 10, on aurait pu en prendre un deuxième, alors que sur le match il n’y avait pas photo.
Zinédine Zidane, au micro de TF1 après France-Italie, le 2 octobre 2026
Ce discours n’a rien d’une posture. Pour un sélectionneur nommé cet été, la construction d’un collectif compte davantage qu’un résultat isolé à trois journées d’un premier bilan. Vous pouvez y lire une manière de protéger un groupe encore en rodage, et de rappeler que le football de sélection se juge sur la durée.
Trois matchs, sept points : le bilan d’un début de mandat
Depuis la nomination de la légende de 1998, les Bleus ont enchaîné trois rencontres en dix jours. Il y a d’abord eu le succès 1-0 en Turquie, assombri par la blessure au genou de Kylian Mbappé, puis la victoire arrachée en Belgique avec neuf changements. Sept points sur neuf possibles, c’est un départ solide pour une équipe largement remaniée.
Au classement du groupe, la France reste en tête avec 7 points, devant la Belgique (6), l’Italie (4) et la Turquie (0). Le détail de la soirée, compositions et statistiques comprises, figure dans le compte rendu officiel de la FFF. L’avance française tient désormais à un seul point, ce qui donne au prochain rendez-vous une tout autre dimension.
Belgique-France, lundi, pour la première place
Les Bleus retrouvent la Belgique dès lundi 5 octobre, à 20 h 45, de nouveau au Stade de France. Ce match retour pèsera lourd dans la course à la première place, sans Upamecano, suspendu, et avec une défense à recomposer en quatre jours.
Au-delà du résultat, cette affiche dira si l’élan des premiers matchs résiste à la pression d’un public qui attend de son équipe qu’elle transforme la domination en victoires. Pour Zidane, l’enjeu dépasse le classement : imposer un style capable de faire plier les blocs bas, ceux que les Bleus retrouveront sur la route de l’Euro 2028.
