Il y a des matchs amicaux que personne ne retient, et puis il y a celui que l’Argentine a disputé mardi 6 octobre 2026 face au Bénin. Devant environ 85 000 spectateurs réunis au Monumental de Buenos Aires, Lionel Messi a porté le maillot albiceleste pour la dernière fois, à 39 ans, au terme d’une victoire 3-0 dont il a été le personnage central.
Un match d’adieu, c’est une rencontre organisée pour permettre à un joueur de quitter sa sélection devant son public, plutôt que sur une défaite ou dans l’anonymat d’un communiqué. Le capitaine argentin avait annoncé sa retraite internationale fin août, et vous aviez pu lire ici comment ses vingt ans de sélection argentine se refermaient. Restait à savoir comment le plus titré des footballeurs de son époque allait sortir du terrain une dernière fois avec l’Argentine : en simple invité d’honneur, ou en joueur décisif ?
Un but, deux passes et un stade debout
La réponse est arrivée en seconde période. Peu après la pause, Messi a tiré le corner que Nicolás Otamendi a transformé, puis il a servi Nico Paz à l’heure de jeu. À la 71e minute, il a transformé lui-même le penalty du 3-0, obtenu après une faute de Tamimou Ouorou sur Agustín Giay.
Selon le décompte de beIN Sports, l’Argentin a tenté neuf tirs, dont cinq cadrés, et créé quatre occasions. Des chiffres de titulaire en pleine forme, pas de jubilaire venu saluer la foule. Le jeu s’était même arrêté à la 10e minute pour laisser le stade l’applaudir, une ovation à laquelle les joueurs béninois se sont joints.
Le Bénin n’a pas fait de figuration pour autant. Aiyegun Tosin a frôlé l’ouverture du score et Junior Olaitan a obligé Emiliano Martínez à une parade. Le score reflète surtout l’efficacité argentine après la pause, et la soirée allait vite prendre une dimension que les statistiques seules ne racontent pas.
Vingt et un ans en sélection résumés en chiffres
Ce dernier but clôt une carrière internationale commencée en août 2005 face à la Hongrie, par une expulsion quelques instants après son entrée en jeu. Le bilan final se lit en quelques lignes :
- 208 sélections avec l’Argentine, record national ;
- 126 buts, le 126e inscrit lors de son dernier match ;
- deux Copa América et la Coupe du monde 2022 ;
- huit Ballons d’or, un total que personne n’a jamais approché ;
- une finale de Coupe du monde 2026 disputée à 39 ans, perdue contre l’Espagne.
Seul Cristiano Ronaldo, avec 146 buts pour le Portugal, reste devant lui au classement des buteurs en sélection. L’écart compte moins que la manière de finir, et c’est précisément sur ce terrain que les deux trajectoires divergent.
Les mots d’un capitaine qui ne voulait pas partir
Au coup de sifflet final, Messi a pris le micro devant une tribune où se trouvaient la plupart des champions du monde 2022. Avant même la rencontre, l’émotion l’avait empêché de chanter l’hymne, interprété par un vétéran de la guerre des Malouines. Son discours a tenu en quelques phrases simples, rapportées par Media365 :
La vérité, c’est que je ne veux pas partir, je ne veux pas quitter le terrain.
Lionel Messi, discours d’adieu au Monumental de Buenos Aires après Argentine-Bénin (3-0), le 6 octobre 2026
Il a aussi remercié ses coéquipiers et répété qu’il était reconnaissant d’être argentin. À Rosario, sa ville natale, un maillot géant floqué du numéro 10 portait le mot Gracias. Nicolás Otamendi, buteur du soir, disputait lui aussi son dernier match international, ce qui donnait à la soirée des airs de fin de génération.
Une sortie choisie, à rebours des adieux manqués
Le contraste avec l’autre géant de l’époque est frappant. Cristiano Ronaldo a quitté le rassemblement du Portugal le 30 septembre après un conflit avec son sélectionneur, et notre récit de ses 234 sélections et une porte claquée montrait à quel point une fin de carrière internationale peut tourner au malentendu.
Messi, lui, a fixé son calendrier. Il a annoncé sa décision le 31 août sur Instagram, laissé passer un mois, puis choisi un adversaire et un stade pour conclure. Cette maîtrise du moment n’a rien d’anecdotique : elle évite à une sélection de vivre une transition subie, et à des supporters de garder en mémoire une image ternie.
Une Argentine déjà prête à tourner la page
Lionel Scaloni n’aborde pas l’après-Messi dans l’urgence. Depuis la défaite en finale du Mondial contre l’Espagne, l’Argentine a enchaîné trois victoires sans encaisser de but, selon beIN Sports. Le Bénin a été le troisième adversaire à repartir sans marquer.
Le passage de témoin se lit aussi dans la feuille de match. Nico Paz, buteur sur une passe de son capitaine, appartient à la jeune garde que Scaloni installe depuis plusieurs rassemblements. La relève a marqué le deuxième but du dernier match, un symbole que la sélection pourra cultiver jusqu’aux prochaines échéances.
Reste une question que tous les observateurs se posent en Argentine : qui portera désormais le brassard et le numéro 10 ? La fédération argentine, qui détaille calendrier et convocations sur son site officiel, n’a encore rien tranché, et le joueur, lui, n’en a pas fini avec le football.
Jouer à 39 ans, une leçon qui dépasse les stades
Car Messi continue sa carrière en club, à l’Inter Miami. À 39 ans, il a disputé une finale de Coupe du monde, puis livré neuf tirs et trois passes décisives pour son match d’adieu. La longévité au plus haut niveau repose sur une pratique entretenue, des charges adaptées et une récupération pensée sur la durée.
Pour vous qui chaussez les crampons le dimanche, le message vaut aussi. L’Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes entre 150 et 300 minutes d’activité modérée par semaine, et rappelle que les bienfaits persistent bien au-delà de la quarantaine. Le football à cinq, le foot en marchant ou une séance de jeu entre amis répondent à cette exigence sans viser la performance.
Ce que le Monumental gardera de cette soirée
Les 85 000 spectateurs du 6 octobre n’ont pas seulement vu un dernier but. Ils ont vu un joueur choisir l’instant de son départ et quitter son pays en pleine possession de ses moyens, une rareté dans un sport qui dévore ses idoles.
La suite se jouera sans lui sous le maillot ciel et blanc, et elle dira si l’Argentine a su transformer vingt et un ans de dépendance en héritage. La prochaine liste de Lionel Scaloni sera la première vraie réponse, et elle sera scrutée bien au-delà de Buenos Aires.
