Quatre buts en 14 minutes : les remplaçants de Zidane renversent la Belgique au Stade de France

06/10/2026 à 12h16  ·  Clément Haddad  ·  5 minutes à lire

Menés jusqu'à la 77e minute, les Bleus ont retourné la Belgique au Stade de France grâce à leurs entrants. Une soirée qui en dit long sur le banc dont dispose désormais Zinédine Zidane, et sur ce qu'il reste à construire avant l'Italie.

Pendant soixante-dix-sept minutes, le Stade de France a cru assister à une soirée ratée. Menés depuis la 35e minute par un but de Dodi Lukebakio, les Bleus tournaient en rond face à une Belgique compacte,. Puis tout a basculé : quatre buts en quatorze minutes, tous inscrits par des remplaçants, et une victoire 4-1 qui place l’équipe de France en tête de son groupe de Ligue des nations.

Ce lundi 5 octobre 2026 refermait le premier rassemblement de Zinédine Zidane à la tête de la sélection, entamé fin septembre en Turquie. Une remontée de ce genre dit souvent plus d’un groupe qu’une victoire tranquille : elle mesure la profondeur d’un effectif et la lecture d’un sélectionneur. Alors, simple coup de chance d’un soir ou premier vrai marqueur de l’ère Zidane ?

Une Belgique qui a longtemps tenu le match

La première heure a ressemblé à beaucoup de matchs internationaux de début de saison : une équipe de France qui monopolise le ballon sans trouver d’espace, et un adversaire qui attend son heure. Elle est venue à la 35e minute, quand Lukebakio a puni la première vraie approximation française pour ouvrir le score. Ousmane Dembélé, capitaine d’un soir, n’a jamais trouvé le rythme dans un premier acte où les Bleus n’ont presque pas inquiété le gardien belge.

Trois jours plus tôt, face à l’Italie, le scénario avait déjà frustré le public. Les Bleus avaient dominé sans conclure, une première à domicile freinée par Donnarumma et un nul 1-1 qui laissait un goût d’inachevé. Zidane avait alors résumé son sentiment d’une formule rapportée après la rencontre : « Je suis content du contenu, pas du résultat ». Contre la Belgique, il fallait bien changer quelque chose.

Quatorze minutes, quatre buts : la chronologie du renversement

Le sélectionneur a fait entrer Michael Olise à la place de Dembélé, puis Rayan Cherki et Désiré Doué. Les trois entrants ont signé tous les buts français, dans un dernier quart d’heure à sens unique :

  • 77e minute : Désiré Doué égalise et réveille un Stade de France jusque-là crispé ;
  • 81e minute : Rayan Cherki donne l’avantage aux Bleus quatre minutes plus tard ;
  • 88e minute : Michael Olise inscrit le troisième but et met la Belgique hors de portée ;
  • 90e+1 : Olise signe un doublé et fixe le score à 4-1.

Le contraste avec la première heure saute aux yeux. Une équipe incapable de tromper le gardien adverse pendant 76 minutes en a marqué quatre dans le temps d’une mi-temps de match de quartier, en profitant d’une Belgique qui a ouvert le jeu pour tenir son avantage.

Le banc, première arme de Zinédine Zidane

Ce n’est pas la première fois que le coaching du sélectionneur pèse aussi lourd. Lors du match aller à Bruxelles, le 28 septembre, Olise avait déjà délivré les Bleus à la 88e minute sur une passe de Cherki. Le même duo a de nouveau fait la différence à une semaine d’intervalle, ce qui ressemble moins à un hasard qu’à une méthode.

Zidane a hérité d’un réservoir offensif d’une densité rare, et son choix semble clair : user les défenses avec un premier onze, puis les achever avec des profils frais. Une logique familière à tous ceux qui ont vu son Real Madrid gérer ses rotations sur trois saisons victorieuses en Ligue des champions entre 2016 et 2018.

Ce soir c’est le foot, c’est ce qu’on aime.

Zinédine Zidane, interrogé après la victoire 4-1 contre la Belgique au Stade de France, le 5 octobre 2026

La phrase est courte, presque banale, mais elle tranche avec la gravité qui entourait la sélection depuis le départ de Didier Deschamps. Le sélectionneur a aussi défendu son capitaine, qu’il a jugé exemplaire malgré une prestation en dessous de ses standards, preuve que la hiérarchie ne se joue pas sur une soirée.

Olise, Doué, Cherki : une concurrence qui change de nature

Le doublé d’Olise prolonge un rassemblement remarquable pour l’ailier, décisif à Bruxelles puis à Saint-Denis. Trois buts lors des deux matchs face à la Belgique : aucun attaquant français n’a autant pesé sur ce début de campagne. Doué, lui, a confirmé qu’il pouvait changer un match en quelques ballons, et Cherki a encore montré sa capacité à trouver la faille dans un bloc bas.

Le problème, si c’en est un, est désormais inverse de celui des années précédentes. Zidane dispose de plus de talents offensifs que de places dans un onze de départ, et chaque entrée réussie complique un peu plus ses choix pour les rendez-vous qui comptent. Pour les supporters, c’est aussi la promesse de matchs qui restent ouverts jusqu’au bout, ce qui n’était plus toujours le cas.

Dix points sur douze et la première place du groupe

Au classement, le bilan est net. Avec trois victoires et un match nul en quatre rencontres, la France compte dix points, quatre de plus que la Belgique qui reste deuxième avec six unités. Le calendrier et les résultats sont consultables sur le site officiel de la Fédération française de football, qui détaille chaque rencontre de la phase de ligue.

D’après les comptes rendus publiés dans la nuit, les Bleus terminent ainsi ce premier rassemblement sans la moindre défaite, quatre matchs en dix jours sans le moindre revers pour un groupe profondément remanié. Le prochain rendez-vous est fixé en novembre, avec un déplacement en Italie qui pourrait décider de la première place.

Un collectif encore en construction avant l’Italie

Reste une question que la remontée ne doit pas masquer : pourquoi a-t-il fallu attendre la 77e minute pour voir cette équipe ? Les premières périodes face à l’Italie et à la Belgique ont montré un collectif encore lent dans ses enchaînements, dépendant d’individualités pour faire sauter les verrous. Zidane le sait, lui qui a construit sa réputation d’entraîneur sur la gestion des grands moments plus que sur le contrôle du jeu.

Le voyage en Italie en novembre dira si ce banc en or peut devenir un onze cohérent, ou si les Bleus resteront une équipe de fins de match. Entre ces deux visages, la marge de progression est immense, et elle se mesurera face à un adversaire qui, le 2 octobre, a déjà montré qu’il savait résister à Saint-Denis. Les quatorze minutes de lundi soir, elles, ont au moins rappelé au public pourquoi on revient au stade.

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