Euro de natation de Saint-Denis : une soirée de records sans les Bleus, et trois jours pour finir fort

13/08/2026 à 17h53  ·  Clément Haddad  ·  5 minutes à lire

Aucun Français sur le podium mercredi soir au Centre aquatique olympique, mais quatre records tombés en sept finales. À trois journées de la fin des championnats d'Europe, les Bleus pointent au sixième rang du tableau des médailles avec quatre podiums.

Il y a des soirées où l’on gagne, et d’autres où l’on apprend. Mercredi, pour la troisième journée des championnats d’Europe de natation, aucun Français n’est monté sur le podium du Centre aquatique olympique de Saint-Denis. Sept finales se sont pourtant enchaînées dans un bassin qui n’a rien perdu de son intensité depuis l’ouverture, le 10 août.

Ces championnats continentaux réunissent chaque édition l’élite européenne du bassin sur sept jours de compétition, séries le matin, finales le soir. Ils reviennent en France pour la première fois depuis Strasbourg en 1987, et à Paris pour la première fois depuis 1931, dans la piscine construite pour les Jeux de 2024. Vingt-six nageurs français y défendent leurs chances jusqu’à dimanche. À trois journées de la fin, où en sont réellement les Bleus ?

Une soirée de records, mais pas pour les Bleus

Le niveau atteint mercredi soir explique en partie l’absence tricolore sur les podiums. Le Roumain David Popovici a bouclé le 100 mètres nage libre en 46″56, nouveau record des championnats, devant Egor Kornev et le Hongrois Kristof Milak. Sur 100 mètres brasse, la Britannique Angharad Evans a elle aussi effacé le record de la compétition en 1:04.87.

La performance la plus marquante est venue du 800 mètres nage libre. L’Allemand Johannes Liebmann l’a remporté en 7:37.59, record d’Europe et record des championnats, devant son compatriote Sven Schwarz pour un doublé allemand. Les Pays-Bas ont complété la moisson en abaissant le record de la compétition sur le relais 4 × 100 mètres nage libre dames, en 3:31.89.

Ajoutez la victoire de la Suédoise Sarah Sjöström sur 50 mètres papillon et celle du Hongrois Hubert Kos sur 200 mètres dos, et l’on obtient une soirée où quatre records sont tombés en sept courses. Dans ce contexte, un podium se joue à quelques centièmes, et l’absence française relève autant du niveau adverse que d’un passage à vide.

Ce que les Bleus ont déjà rangé dans la valise

Le bilan tricolore à mi-parcours reste solide, et il tient en quatre médailles conquises en trois soirées. Voici ce que la France a décroché depuis le premier plongeon :

  • l’or du relais mixte 4 × 100 mètres 4 nages, en 3:39.64 devant les Pays-Bas ;
  • l’argent du relais 4 × 200 mètres nage libre messieurs, battu de 71 centièmes par la Grande-Bretagne ;
  • l’argent de Maxime Grousset sur 50 mètres papillon, à deux centièmes du Russe Egor Kornev ;
  • le bronze de Pauline Mahieu sur 200 mètres dos, en 2:08.63.

Ce total place la France au sixième rang du tableau des médailles après trois jours, derrière la Grande-Bretagne, l’Italie, la Russie, les Pays-Bas et l’Allemagne. Une seule médaille d’or sépare les Bleus du podium par nations, ce qui rend les trois dernières journées décisives, comme le laissait déjà entrevoir le scénario du relais mixte remporté en partant septième.

Le tableau des médailles à mi-parcours

Mis à plat, le classement par nations après trois journées dit assez bien où se situent les forces en présence dans cette édition, entre volume de podiums et nombre de titres.

NationOrTotal
Grande-Bretagne46
Italie28
Russie27
Pays-Bas24
Allemagne15
France14

Deux lectures cohabitent. La Grande-Bretagne domine par le nombre de titres, avec quatre médailles d’or en trois soirées, tandis que l’Italie affiche le plus gros volume total avec huit podiums. La France, elle, a converti peu d’occasions mais les a converties au bon moment, sur des courses collectives.

Ce profil n’a rien d’accidentel. Les relais tricolores tirent leur force d’une profondeur d’effectif que les épreuves individuelles ne traduisent pas encore, un phénomène déjà visible lors des grands rendez-vous précédents. Une nation qui gagne en relais dispose de quatre nageurs de bon niveau sur la même nage ; une nation qui gagne en individuel en a un seul, mais d’exception.

Le public, cette variable que les chronos ne mesurent pas

Un détail revient dans presque toutes les réactions recueillies en zone mixte depuis lundi. Les nageurs français décrivent un bassin bruyant, un public qui les porte dans les derniers mètres, et une atmosphère qu’ils n’avaient plus connue depuis l’été 2024. Cette pression positive change la manière d’aborder une finale, et elle explique quelques chronos que la logique des classements n’annonçait pas.

C’est incroyable, je ressentais pas mal de pression en montant sur le plot. C’est le public qui m’a nourri et les trois nageurs qui ont fait des courses exceptionnelles juste avant.

Marie Wattel, en zone mixte après le titre du relais mixte 4 × 100 mètres 4 nages, le 11 août 2026 à Saint-Denis

L’affluence du Centre aquatique olympique confirme ce que l’on pressentait avant le début de la compétition, quand le bassin olympique retrouvait son public à quelques jours de l’ouverture. Le lieu, conçu pour les Jeux, tourne pour la première fois à plein régime sur une compétition internationale de natation course.

Trois jours, cinq finales par soirée

Le programme de jeudi ramène plusieurs Français dans le jeu, avec cinq finales et deux épreuves à fort potentiel tricolore. Au menu du jour 4 : 100 mètres papillon messieurs, 50 mètres dos dames, 200 mètres brasse messieurs, 200 mètres nage libre dames et relais 4 × 100 mètres nage libre messieurs. Les séries démarrent à 9 h 30, les finales à 18 h 30.

Deux épreuves retiennent particulièrement l’attention côté français. Le 100 mètres papillon est le terrain de chasse de Maxime Grousset, déjà médaillé d’argent sur la moitié de cette distance, et le relais court est une épreuve où les Bleus ont l’habitude de se transcender, comme ils l’ont montré dès la première soirée de la compétition.

Ce que ces championnats laisseront derrière eux

Au-delà du décompte des médailles, ces sept jours ont une portée qui dépasse le haut niveau. Les fédérations observent chaque grand rendez-vous à domicile comme un accélérateur d’inscriptions, et la natation reste l’un des sports les plus recommandés pour le travail cardio-respiratoire sans contrainte articulaire, à tout âge. Un Euro dans un bassin français, en plein mois d’août, tombe pile avant la saison des adhésions.

Reste à savoir si le bassin de Saint-Denis servira une deuxième fois. Il a accueilli en 2024 le plongeon, la natation artistique et le water-polo, il tient aujourd’hui la natation course, et la question de son remplissage hors grands événements se posera dès l’automne. Un équipement de ce calibre se juge sur dix ans, pas sur une semaine de finales, et c’est peut-être là que se lit le vrai héritage.

Associé à : , , , , , , , ,

Vous appréciez cet article ?

Partagez-le avec vos proches Ajoutez-nous en source préférée