EuroVolley 2026 : les Bleues affrontent la Suède avec leur tableau de huitièmes en jeu

27/08/2026 à 18h16  ·  Clément Haddad  ·  5 minutes à lire

Trois victoires 3-0, puis une défaite honorable contre l'Italie championne olympique : les Bleues du volley bouclent leur poule ce jeudi soir face à la Suède. La qualification est acquise, le reste ne l'est pas.

Le Championnat d’Europe féminin de volley-ball, l’EuroVolley, réunit tous les deux ans les meilleures sélections du continent. L’édition 2026 se joue du 21 août au 1er septembre dans quatre pays à la fois, l’Azerbaïdjan, la Tchéquie, la Suède et la Turquie, chacun accueillant une poule avant que la compétition ne se resserre sur deux sites. La France y a été versée dans le groupe D, à Göteborg, avec l’Italie championne du monde et championne olympique en titre comme voisine de tableau.

Personne n’attendait les Bleues à ce niveau. Trois matchs, trois victoires 3-0, une qualification pour les huitièmes acquise dès la troisième journée : l’équipe de Cesar Hernandez a réalisé le début de tournoi le plus net de son histoire récente. Ce jeudi soir, elle affronte la Suède pour clore la poule. Que reste-t-il à jouer quand la qualification est déjà en poche ?

Trois matchs, neuf sets, aucun perdu

Le parcours a commencé le 21 août face à la Slovaquie, balayée 25-13, 25-21, 25-13. La Croatie a subi le même sort deux jours plus tard, sans davantage de résistance. Le Monténégro, lundi, s’est montré plus accrocheur sans jamais vraiment inquiéter les Françaises : 25-19, 25-22, 25-17, et un troisième 3-0 consécutif.

Le détail des sets raconte tout de même une équipe encore perfectible. Face au Monténégro, les Bleues ont laissé leur adversaire revenir au contact en milieu de manche à plusieurs reprises, la faute à des imprécisions techniques et à une réception parfois instable. La différence s’est faite sur les fins de set, là où l’expérience collective compte le plus.

Neuf sets gagnés sur neuf disputés, c’est le meilleur bilan comptable d’une sélection française féminine à ce stade d’un Euro. Ce genre de série met une équipe en confiance, et elle attire aussi l’attention des adversaires suivants sur un collectif qu’ils avaient rangé parmi les outsiders.

Cyrielle Depie, 19 ans, patronne offensive

La révélation de ce début de tournoi porte un nom. Pointue de 19 ans, Cyrielle Depie a terminé meilleure marqueuse des trois premières rencontres, avec notamment 19 points et 60 % de réussite en attaque contre le Monténégro. Une efficacité que peu de joueuses affichent à cet âge dans une compétition continentale.

Elle n’est pas seule à porter l’équipe. La centrale Amandha Sylves a signé 12 points face au Monténégro, dont six contres sur les neuf réalisés par la France. Le banc suit : sept points pour Lilou Ratahiry, deux aces pour Nawelle Chouikh-Barbez, un premier point dans le tournoi pour la passeuse Eve-Yorenne Mathi, 18 ans.

Il faut continuer dans cette voie et croire en nos rêves et en nos possibilités.

Cesar Hernandez, sélectionneur de l’équipe de France féminine, après la victoire contre le Monténégro à Göteborg le 24 août 2026

L’Italie a montré la marche à franchir

Le premier vrai test est arrivé mercredi. Face à l’Italie, invaincue et double tenante des titres mondial et olympique, les Bleues ont perdu 1-3 après avoir empoché le deuxième set 25-19 et poussé les Italiennes jusqu’à 23-25 dans le troisième. Le score final ne rend pas justice au niveau affiché pendant une heure et demie.

Cette défaite a coûté la première place du groupe D, l’Italie signant là sa cinquième victoire consécutive. Elle a surtout donné une mesure précise : entre une sélection française en construction et la meilleure équipe du monde, l’écart se compte désormais en points, plus en niveaux.

Ce que le match contre la Suède détermine

Le rendez-vous de ce jeudi soir n’a rien d’un match pour l’honneur. Voici ce qui se joue réellement sur ce dernier match de poule :

  • la deuxième place du groupe D, seule encore disponible derrière une Italie déjà assurée du premier rang ;
  • l’identité de l’adversaire des huitièmes de finale, déterminée par le croisement des poules ;
  • le site de ce huitième, les matchs à élimination directe se disputant à Brno et à Istanbul ;
  • la dynamique d’une équipe qui doit rebondir immédiatement après sa première défaite.

Les huitièmes et les quarts de finale s’enchaînent du 30 août au 3 septembre. Cesar Hernandez a fixé les quarts comme objectif avant le début du tournoi, ce qui suppose de franchir un tour à élimination directe contre une équipe sortie deuxième ou troisième d’une autre poule.

Une équipe privée de sa capitaine

Ce parcours se construit sans Héléna Cazaute, forfait quelques jours avant le coup d’envoi. Perdre sa capitaine à la veille d’un championnat continental désorganise généralement une hiérarchie : ici, l’absence a surtout accéléré l’émergence des plus jeunes, Depie et Mathi en tête.

Fatoumata Fanguedou, elle, a retrouvé le six de départ après une blessure aux abdominaux. Cette rotation forcée a donné du temps de jeu à des joueuses qui n’en auraient pas eu autant dans une configuration normale, et le collectif n’a pas semblé en souffrir sur les trois premiers matchs. La Fédération française de volley-ball mise depuis plusieurs saisons sur cette génération pour construire un cycle long.

Ce que ce parcours dit du volley féminin français

Le volley français vit une séquence inhabituelle. Côté masculin, la sélection avait engagé après Paris 2024 un renouvellement générationnel assumé, avec les résultats en dents de scie que cela suppose. Côté féminin, la démarche est la même mais le point de départ est plus bas : l’équipe n’a jamais dépassé les quarts de finale d’un Euro.

Ce décalage explique pourquoi trois victoires en poule font autant de bruit. Le volley féminin reste l’un des sports collectifs où la France dispose du plus grand écart entre son vivier et ses résultats internationaux, un déséquilibre qui recoupe des mécanismes plus larges décrits dans l’état des lieux du sport au féminin. Les sports de salle féminins français progressent pourtant, à l’image du handball qui n’a jamais compté autant de licenciés.

Un huitième de finale gagné vaudrait donc plus qu’un tour : il installerait une génération née après 2005 sur la carte européenne, à deux ans des qualifications olympiques. Le match de ce jeudi soir décide de la porte par laquelle elle y entrera, et c’est déjà beaucoup pour une équipe qu’on n’attendait pas là.

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