Le retour de Wembanyama en bleu s’arrête à trois points de la Serbie de Jokic

21/08/2026 à 13h38  ·  Clément Haddad  ·  5 minutes à lire

Deux ans après les Jeux de Paris, Victor Wembanyama a retrouvé le maillot tricolore à Belgrade, cette fois avec le brassard de capitaine. Les Bleus s'inclinent 90-87 après avoir compté douze points de retard, à trois jours d'une revanche à Orléans.

Un match amical de basket en plein mois d’août ressemble rarement à un événement. Celui de jeudi soir à Belgrade en avait pourtant tous les attributs : 17 026 spectateurs dans la Beogradska Arena, deux des meilleurs intérieurs de la planète face à face, et le retour de Victor Wembanyama sous le maillot tricolore après deux ans d’absence. Ces rencontres de préparation servent à roder un collectif avant les échéances officielles, pas à distribuer des titres.

Les Bleus s’y sont inclinés 90-87, après avoir compté douze points de retard à trois minutes de la fin. Frédéric Fauthoux, sélectionneur depuis un an, y a perdu son premier match amical à la tête de l’équipe de France. Que retenir d’une défaite qui ne compte pas au classement, mais qui ouvre une séquence de quinze jours décisive pour la qualification au Mondial 2027 ?

Douze points de retard, puis un ballon d’égalisation

La soirée avait plutôt bien commencé pour les Français, encore au contact à la pause. Le retour des vestiaires a tout fait basculer : de 51-48, la Serbie a déroulé jusqu’à 61-50, avant de creuser l’écart à 82-69 à la 35e minute puis 86-74 à la 37e. Le match semblait alors définitivement classé.

Les Bleus ont refusé cette issue. Un panier de haut niveau de Wembanyama à la 39e minute a ramené la France à cinq longueurs, avant qu’un tir invraisemblable de Sylvain Francisco, une sorte de fléchette sur la planche, ne réduise encore la marge. La dernière possession offrait l’égalisation : le meneur français a vu sa tentative lointaine contrée à la sirène par Aleksa Avramovic.

Nikola Jokic, lui, a fait ce qu’il fait toujours. Vingt points, neuf rebonds et huit passes décisives pour le pivot de Denver, qui a rappelé au passage pourquoi la Serbie figure depuis plusieurs saisons parmi les toutes meilleures sélections du monde. Côté français, la ligne de statistiques collectives raconte une autre histoire.

Deux équipes à égalité au tir, séparées par le reste

Les pourcentages de réussite ne disent rien de l’écart final. Les deux équipes ont shooté avec exactement la même adresse, et les Bleus ont même dominé au rebond. C’est ailleurs que le match s’est joué, comme le montre la feuille de statistiques publiée par BeBasket.

StatistiqueSerbieFrance
Réussite aux tirs47,5 %47,6 %
Tirs à trois points7 sur 219 sur 32
Lancers francs27 sur 3818 sur 24
Rebonds2832

Quatorze lancers francs tentés de plus pour les Serbes, et onze réussis d’avance : la ligne des lancers suffit presque à expliquer les trois points d’écart. Vingt-deux ballons perdus par les Français ont fait le reste, dont beaucoup sans la moindre pression adverse.

Wembanyama et Gobert, une association qui résiste encore

Le pivot des Spurs a signé le plus gros temps de jeu de la soirée pour dix points, cinq rebonds, deux interceptions et deux contres, mais aussi six ballons perdus. Aligné à ses côtés, Rudy Gobert a terminé à six points et affiche le plus mauvais différentiel de l’équipe, à moins douze. Le duo n’a pas davantage convaincu qu’aux Jeux de 2024, malgré le changement de sélectionneur.

Evan Fournier, autre cadre attendu, est resté loin de ses standards avec cinq points à deux tirs réussis sur huit en vingt-six minutes. Ces trois-là formaient l’ossature théorique de l’équipe ; ce sont d’autres joueurs qui ont porté la révolte.

Les gagnants du soir sont sortis du banc

L’apport des remplaçants constitue le vrai enseignement de cette soirée belgradoise. Plusieurs joueurs peu attendus ont livré leur meilleur match en sélection et bousculé la hiérarchie établie avant le rassemblement.

  • Amine Noua, meilleur marqueur français avec quatorze points inscrits en quinze minutes seulement ;
  • Gérald Ayayi, auteur de dix points à quatre tirs réussis sur six, cinq rebonds et quatre interceptions ;
  • Matthew Strazel, douze points sans manquer un seul tir ;
  • Terry Tarpey, Jaylen Hoard et Maxime Raynaud, tous crédités d’un temps de jeu utile.

Ces prestations posent une question de fond à Frédéric Fauthoux, qui dispose d’un réservoir de joueurs de plus en plus profond. La concurrence interne est devenue un problème de riche, ce que peu de sélections européennes peuvent se permettre.

Un capitaine de vingt-deux ans et quinze jours pour progresser

Nommé capitaine des Bleus la veille du départ pour Belgrade, Victor Wembanyama endosse un rôle nouveau, deux ans après son retour annoncé en sélection. La saison NBA qu’il vient d’achever le crédite de 24,6 points et 3,2 contres de moyenne, quand Jokic affiche 26,3 points, 12,4 rebonds et 9,9 passes.

Vincent Collet, qui a dirigé l’équipe de France pendant quinze ans, situait déjà le Français tout en haut avant la rencontre, dans un entretien accordé au média serbe Meridian Sport.

Victor deviendra le meilleur joueur du monde, je ne sais juste pas exactement quand. Pour ce qui est de la défense, il est déjà le meilleur joueur du monde pour moi.

Vincent Collet, ancien sélectionneur de l’équipe de France, dans un entretien au média serbe Meridian Sport publié le 19 août 2026

Le calendrier ne laisse guère de répit : revanche contre la Serbie dimanche 23 août à la CO’Met Arena d’Orléans, puis réception de la Slovénie le 27 août à Bercy pour l’entrée dans les qualifications à la Coupe du monde 2027, avant un déplacement en Finlande. Quatre matches en quinze jours pour construire ce que Belgrade a montré manquant.

Ce qu’un match de préparation vaut vraiment

Les rencontres amicales ont mauvaise réputation, et l’été 2025 avait déjà prouvé qu’elles ne préjugeaient de rien : les Bleus avaient alors gagné largement en Espagne et en Grèce avant un championnat d’Europe décevant. L’inverse se vérifie tout aussi souvent, ce qui laisse à cette défaite belgradoise une valeur d’indicateur plus que de verdict.

Reste la question que ce genre de soirée pose à tout le basket français, du plancher de Bercy aux playgrounds où se joue le trois contre trois : que fait-on d’une génération aussi dense quand les automatismes, eux, ne se décrètent pas ? Le programme des Bleus est consultable sur le site de la Fédération française de basket-ball, et les trois prochaines sorties diront si Belgrade était un point de départ ou un avertissement.

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